À toi. Pour elle.
C’est l’histoire d’une fille. En fait c’est l’histoire de plusieurs filles, mais cette fois-ci, juste une.
Tu es beau, tu es grand et tu sens bon. Elle t’aperçoit, te voit, t’approche et te sent.
Tu la regardes dans les yeux. Lui parle, l’écoute, la touche un peu, pas trop. Juste assez pour constater la douceur de sa peau. Le rouge sur ses lèvres qui lui fait si bien. Tu te penches pour la complimenter, en profite pour sentir ses cheveux, humer son cou. Elle le sait, elle n’est pas dupe et tu n’es pas le premier. Elle adore ça quand tu fais ça. Chaque fois, même quand tu n’es plus le même.
Tu lui demandes son numéro parce que tu en veux plus. Elle accepte parce qu’elle en a plus à donner.
Et là. Et là : un verre. Un café. Un resto. Un souper à la maison. (Pourquoi faut-il toujours manger?) Un film que tu sais que vous n’écouterez pas. Tu la traites comme la plus belle. Parfois, tu oses et tu lui dis. C’est fou. Tu es presque parfait.
Et là. Et là. Elle flanche, ça va de soi. S’imagine que tu seras là demain. Encore. Non, non. Ça ne fait pas longtemps. En fait, souvent c’est très rapide. Mais tu es si merveilleux. Non? Pour elle.
À toi.
Tu lui as fait gober le verre, le café, le resto et le souper. Tu as mis tout ce que tu voulais dans sa bouche. Elle t’a fait entrer dans sa vie, dans son coeur, dans son corps, dans sa tête. Maintenant tu peux la dépecer en suivant le pointillé rouge (comme ses lèvres, la première fois) que tu as dessiné en elle.
Lentement tu la déchires et ça fait le bruit du velcro des souliers que tu portais quand tu étais petit.
Tu ne lui écris plus. Tu ne l’appelles plus. Tu ne la regarde plus. Tu ne la sens plus. Tu t’approches encore de son cou, mais c’est pour mieux suivre la ligne que tu y as tracée, pour voir de plus près la chair se rompre. Tu caresses les courbes de son corps et lui dis que si elle engraisse, tu la laisses. Tu lui diras que tu as une blonde, que c’est pour ça que ça ne marchera pas et que tu es sincèrement désolé, que tu ne voulais pas lui faire de la peine, que tu ne voulais pas la fourrer…tant que ça. Tu lui dis que tu aimes le fait qu’elle ait de la conversation, qu’elle n’est pas aussi conne qu’elle en a l’air. Tu t’approches encore un peu, elle tend l’oreille. Mais tu ne dis rien, en fait. Parce que souvent tu ne dis plus rien parce que c’est plus simple que de dire la vérité. Au fond, il n’y aura qu’elle qui sera au courant de ta lâcheté. Aux autres, tu diras qu’elle est folle.
Qu’elle est folle. C’est un peu vrai. Elle est folle de toi.
Enfin.
Pour elle.
Tu es si merveilleux. Parce que du moment qu’elle sera reconstruite et que toutes ses coutures seront bien fermées, elle sera plus solide que jamais. Un temps, elle s’est demandée ce qu’elle serait sans toi. Toi qui es si merveilleux.
Maintenant elle le sait. Elle sait ce qu’elle sera sans toi.
Mieux.
Tu seras un chapitre dont elle oubliera le titre une fois la page tournée. Parce que tu es une histoire qui revient souvent, sais-tu? Et toi, petite page, que verras-tu en te retournant? Elle.
Elle sera encore plus belle. Elle sera grande. Elle sentira bon. Elle t’apercevra, te verra, t’approchera. Lèvera son verre. À toi. De sa bouche rouge dans laquelle tu as tant mis, ne sortira qu’une chose : “Merci”.
Au plaisir.
Keep on Keepin on.
MS
Bordel MS, ça veut dire quoi ce billet?
Cher King d’Oromocto,
Tout d’abord merci de me lire bien que tu viennes d’une contrée fort éloignée. Ceci dit, il s’agit là d’une ode au colon, dédiée à celui qui croit s’en tirer à tout coup et qui tente de briser les filles sur son passage. Une ode inspirée d’histoires qui m’ont été racontées, trop souvent.
La balle est dans ton camp, aussi lointain soit-il (mais pas aussi loin que le Péloponnèse, tout de même!).
Au plaisir!
MS
Tes billets, c’est comme…c’est comme…les “tapas de la blogosphère”: c’est trop poussé pour moi. Tout de même, lâche pas!!!! Je te lis de loin
Merci pour ce joli texte.
Cher martinpm,
Merci pour le commentaire et désolée pour le délai de réponse! Ton passage sur ma page est très apprécié! D’ailleurs, un petit mot pour te féliciter pour les caricatures!
Au plaisir!
MS
C’est un très jolie texte. Est-ce que ton blogue a une thématique particulière? Je viens de lire également un autre de tes textes, « Son corps nu et ruisselant » où j’ai retrouvé une continuité dans le thème. J’espère que ces situations blessantes ne sont pas toutes autobiographique ou qu’elles ne te sont pas arrivées trop souvent.
Au plaisir
@Eric
Un gros merci de prendre le temps de me lire! Pour tout te dire, je cherche encore mon propre fil conducteur..! Disons qu’en général, mon mot d’ordre est : “La vie est bien plus intéressante quand on y met un peu de fiction”. Ceci dit, qu’importe la situation, le moment, la personne de qui/de quoi je m’inspire, j’essaye toujours d’installer une petite distance vague pour que mon lecteur puisse s’identifier au sentiment que je veux faire émaner de mon texte. Au fond c’est peut-être ça le fil conducteur : la continuité est dans l’émotion (du moins j’essaye).
Bref. L’important est de ne pas oublier qu’il ne faut pas croire tout ce qu’on trouve sur Internet…!
Au plaisir!
MSBe