SeXXX(L) et étiquette

Puisqu’il faut encore en parler. Puisqu’on ne tari jamais le flot d’opinions sur le sujet.

Le culte du corps.

Je me suis déjà prononcée (comme tout le monde), mais vu le tollé provoqué par la publication prochaine de V Magazine, je m’y remets.

En fait, j’aimerais souligner un paradoxe sur le sujet.

Ces photos de filles rachitiques publiées dans les revues de mode s’adresse à un public cible bien précis : les femmes. Ce sont les femmes qui s’insurgent contre l’idée mais qui, néanmoins, se soumettent à des régimes sévères et bâtissent leur garde-robe en fonction d’un chiffre (celui sur l’étiquette de leur pantalon) et des tendances du moment, qu’elles leur conviennent ou non.

Or! Or, je dis! Les femmes qui paraissent dans les revues pour hommes, ELLES, sont toutes sauf de petites Kate Moss. Les Playmates et autres plantureuses chevauchant motos et Mustangs portent sans doute du 5-6 de jeans et du 34D de brassières.  Pourtant, la majorité des “vrais” mannequins n’ont sans doute pas besoin d’autre support mammaire que celui fourni par leur vieux soutien-gorge de chez Jacob Jr.

Jusqu’à présent, vous me suivez? Le paradoxe est le suivant : fondamentalement, de façon innée, depuis toujours, les femmes veulent plaire aux hommes, beaucoup plus que l’homme ne cherche à plaire à la femme.

Alors.

POURQUOI les femmes prennent-elles comme modèles les brindilles squelettiques contre lesquelles elles ne cessent de se plaindre, alors que ce ne sont MÊME PAS VERS ELLES que les hommes dirigent leurs fantasmes?

Pourquoi la femme cherche-t-elle à perdre du poids à tout prix, cependant qu’elle se procure la brassière qui lui gonflera la poitrine et les booty shorts coussinés qui lui bomberont le popotin?

Il est là le paradoxe. Ce à quoi je réponds : it’s not what you wear, it’s how you wear it. Qu’on parle du jeans en tant que tel ou de sa taille sur l’étiquette, celle à l’intérieur de la couture que personne ne voit.

Stéphanie Chicoine, blogueuse, écrivait un billet intitulé V Magazine : des mannequins tailles fortes, le 6 janvier dernier sur bangbangblog.com.

http://styles.bangbangblog.com/2010/01/06/v-magazine-des-mannequins-tailles-fortes/

Elle le concluait comme suit :

Et vous, êtes-vous pour ou contre les mannequins à tailles fortes dans les magazines ou bien vous vous en foutez comme dans l’an 40?

Moi, Stéphanie, je suis pour toutes les tailles. J’abonde en ton sens lorsque tu mentionnes que la revue devrait oser à fond et publier des filles de tailles 20 et plus. Je suis d’avis que le corps féminin est une oeuvre d’art quelle qu’en soit la forme. Ce qui compte, ce n’est pas la taille du corps, c’est le bien-être qui en émane.

Au plaisir.

Keep on Keepin on

MS

La mère qui porte

Je commence par la base, comme je l’ai toujours appris dans mes dissertations de français rédigée le samedi matin au grand dam de toute une ribambelle étudiante cernée.

Mère : n.f. Femme, femelle qui a des enfants.

Plus loin, je constate qu’il y a une définition pour mère porteuse aussi, ce dont je veux parler aujourd’hui.

Mère porteuse, mère d’emprunt, mère de substitution : (1984) Femme inséminée artificiellement qui porte un enfant pour un couple dont la femme est stérile.

Selon mon fidèle Petit Robert 2008, le terme est apparu en 84. Je comprends que “l’intention”, le “concept” de porter l’enfant d’autres parents, date de 84.

Vous, vous en pensez quoi de la mère porteuse? Est-ce que porter un enfant qui n’est pas le nôtre et qu’on n’élèvera même pas nous confère le titre de “mère” de toute façon? “Pardon, pardon : privilège utérin, coming thru”. Alors déjà, je pense qu’un autre terme pour les qualifier est nécessaire. Un donneur de sperme rend le même service, et n’est pas baptisé “père fournisseur” ou je ne sais trop.

Je crois que tout cela serait beaucoup moins “éthiquement incorrect” si le titre était tout autre justement. Parce que le lien maternel, l’instinct maternel, tout ça, c’est tellement sacré, c’est un intouchable. Quoique, techniquement, le mariage aussi, et il y a l’infidélité. Enfin. Si ce n’est plus une “mère”, c’est beaucoup moins pire, je pense. De toute façon, on s’entend, depuis le temps que les femmes (les hommes aussi mais ça compte beaucoup moins, semblerait-il) reçoivent de l’argent contre leur corps et qu’on en revient : mannequins, danseuses, prostituées. (Je ne juge personne ici, svp ne retenez pas que cette phrase.) C’est une nouvelle étape dans le culte du corps. Avant, on ne s’en tenait qu’à l’extérieur, qu’à l’apparence. Soit belle et tais-toi. Mais maintenant, pour plusieurs raisons sur lesquelles je ne peux pas m’arrêter ici, l’intérieur aussi commence à prendre de la valeur. Ça commence avec le trafic d’organes. “Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine / Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit” écrivait Rimbaud dans le Dormeur du Val. Maintenant, on se réveille dans le bain avec les mêmes trous à la place des reins. Depuis, ce genre de traffic qui concrétise donc la nouvelle valeur accordée à notre intérieur a évolué vers la mère porteuse, selon moi. Si un coeur ne fonctionne plus, on peut maintenant le remplacer, tout simplement. Suffit d’en trouver un autre. Si un utérus ne fonctionne pas, même chose, non?

C’est de la transplantation d’enfants. De l’agriculture naïve. On l’installe dans un utérus mais pas le mien puisqu’il est défectueux, puis on le remet dans mes bras quand la cuisson est terminée. C’est tout.

Est-ce que c’est mal? Je ne sais pas. Est-ce que je le ferais? Non. Est-ce que je condamne ma meilleure amie si elle le fait? Non. Je ne dirai pas que c’est un choix personnel, parce qu’à trois et bientôt quatre personnes d’impliquées, plus l’équipe médicale et tout et tout, ce n’est pas un choix personnel. Le principal intéressé c’est l’enfant et lui, personne ne lui demande son avis. C’est lui qui aura à vivre avec les répercussions du choix de ses parents, et qu’on se le dise, la quête des origines, la crise identitaire qui est le thème fétiche de tout cinéaste québécois, ça peut partir de quelque chose comme ça. Même si vous êtes les meilleurs parents du monde, que vous l’ayez enfantée ou pas, votre tendre progéniture risque fort de vouloir connaître son autre “mère”. Personnellement, c’est ce qui me dérange. J’aurais beaucoup de misère à élever un enfant avec tout mon amour, un enfant pour lequel j’aurais tout fait alors qu’il n’était encore qu’un projet, et d’avoir tout d’un coup à diviser mon rôle de mère avec une autre femme, celle qui a un simple organe de plus que moi, et qui me pique la parcelle fondamentale de ma maternité. Pour moi, c’est ça le dilemne. Encore une fois, ce n’est pas pour l’enfant, c’est pour mon me, myself and I, de la même manière que le concept de base de la mère porteuse. C’est d’être parent qui compte, pas d’avoir un enfant.

C’est peut-être un peu dur ce que je dis, mais c’est ce que je pense, honnêtement. La mère, c’est celle qui aime et qui élève, ce n’est plus nécessairement celle qui enfante. Je crois que c’est une grosse décision à prendre, je pense que c’est un gros service à offrir, et je pense que ça demande surtout une grosse réflexion. À suivre.

Au plaisir.

Keep on Keepin on

MS