Le hockey à la télévision

La télévision. Quelle superbe invention. Arrivée dans nos salons (enfin, ceux de nos parents) au cours des années 50, elle a fait entrer l’extérieur, l’imaginaire, l’ailleurs, la fiction. Et maintenant on trouve tous les moyens de s’en plaindre. C’est une boîte à images qui nous remplit la tête de téléréalités bidons, de pubs pleines de messages subliminaux vides, de mauvaises nouvelles.

Or, mercredi dernier, le 12 mai, la télévision montréalaise s’est redorée l’image en agglutinant devant ses millions d’écrans des fanas, des gagas, des amoureux, oui de hockey, mais surtout du Canadien. Les églises se vident, c’est triste un peu, mais les fidèles se retrouvent maintenant devant l’autel d’une nouvelle passion : celle de nos glorieux.

Nos glorieux qui ont su nous épater et surtout nous surprendre.

Pour mieux comprendre ce que je veux dire, je vous invite à jeter un coup d’oeil au billet de Patrick Lagacé paru le lendemain de la victoire du CH qui a permis au club de passer en 3e ronde. Il sait de quoi il parle Patrick.

http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/patrick-lagace/201005/13/01-4279931-gagner-pour-vrai.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_meme_auteur_4280228_article_POS3

Enfin. Personnellement, la télévision, je l’écoute beaucoup moins qu’avant. Peut-être parce que je travaille plus, peut-être parce qu’il recommence à faire beau, peut-être parce que je rêve autrement.

Ces dernières semaines néanmoins, je me suis prise à rêver (Ciel!? Ou suis-je?) dans les bars de la rue Mont-Royal, non pas en quête de l’âme soeur qui se fait attendre et qui me cherche, je n’en doute toujours pas, à quelques part, mais bien rivée au plasma lumineux des boîtes à images. Savourant ma pinte de blonde comme si c’était le sang du Christ lui-même (amen, je vous le dis), encourageant la muraille slovaque comme si j’assistais à un discours de Martin Luther King (vous savez, celui qui a un rêve?), j’ai redécouvert pourquoi la télévision est une si belle invention.

Parce que de temps à autres, il lui arrive pour vrai de vrai de revenir à sa vocation première et d’éveiller l’imaginaire. Mercredi dernier ce n’est pas qu’une émission qui passait à l’écran, pas qu’un match de hockey ordinaire qui était diffusé à l’antenne : c’était un spectacle. Les foules se soulevaient d’un seul élan, chantaient, trinquaient, applaudissaient, toutes pour la seule et même cause. Moi, j’ai trouvé ça beau. Et j’ai trouvé ça beau aussi le concert de klaxons d’après-match.

Tout ça grâce à la télévision. Et un peu aussi, grâce au Canadien, bien sûr.

Au plaisir.

Keep on Keepin on

MS

La zone du Zubial

Je suis bien là. Aucune raison de me plaindre.

Un beau 28 décembre douillet. Il neigeotte dehors, c’est beau comme la couverture d’un roman La courte échelle. Gus me chauffe les cuisses pendant que je déjeune aux biscuits. Douillet. Confortable. Pourquoi alors chercher à troubler cette quiétude? Quand tout va bien, pourquoi gratter la vieille galle qui a pris une éternité à cicatriser?

Parce qu’il est plus difficile de quitter sa zone de confort que de dépasser la ligne bleue des Bruins de Boston.

Je termine la lecture du Zubial, d’Alexandre Jardin. Peut-être est-ce ce qui m’inspire ce matin. Le Zubial est un homme qui n’avait peur de rien, qui vivait au maximum. Un homme dont la zone de confort était hautement manipulable, voire suggérée. Vous pourriez, vous, dépenser immédiatement les millions gagnés instantanément dans une folle nuit au casino, et confier le superflu à la Croix-Rouge? Ou alors monter sur scène et vous joindre au spectacle que vous regardiez quelques instants plus tôt? Jusqu’où iriez-vous pour séduire quelqu’un et marquer sa mémoire à tout jamais?

Donc, le Zubial n’avait pas la crainte de quitter la zone de confort puisque je crois, il savait que le bonheur était plus que ça. Le bonheur est dans la vie.

Les gens se complaisent, se contentent. Ce n’est pas mal. Pour certains, il est là le bonheur. Or, “se contenter”, que je peux maintenant associer grâce à mon nouveau dictionnaire des synonymes reçu à Noël, s’apparente également à “se satisfaire”, “s’en tenir à”, “se limiter à”. Moins positif que prévu, non? Pourquoi se contenter ou se satisfaire alors qu’on peut franchement être heureux? Le Zubial ne se contentait jamais. Le Zubial n’endurait pas la politesse imposée par l’hypocrisie. Un souper en compagnie de connaissances l’emmerde? Il quitte. Vous savez, ces soupers où vous ne connaissez personne et où tous s’échangent des futilités? Pas pour lui.

La zone de confort est un carcan social. Non, un corset, puisque bien qu’elle paraissent bien, joliment ornementée grâce à du judicieux cocooning, elle étouffe, écrase et brime les mouvements. Nous ne sommes pas réellement au zénith de notre cote de bonheur, mais nous nous contentons et finissons bien par accepter le plan B, parce qu’au fond, ce n’est pas si pire. Puis, on atteint la quarantaine et on quitte tout pour se refaire une vie avec quelqu’un de plus jeune, qui n’est pas encore affecté par les aléas de l’existence, blasé par les déceptions et les obstacles semés par la vie, et on part faire le tour du monde en voilier comme on a toujours voulu le faire. Comme on a toujours voulu le faire. Pourquoi je pas LE FAIRE?

Vous voyez le genre?

En fait, ce à quoi je voulais en venir, détrompez-vous, ce n’est pas de tout lâcher immédiatement en recommençant à zéro avec un fringant membre de la génération suivante (de toute façon dans la majorité de vos cas, lecteurs, il s’agirait d’un adolescent prépubère encore érubescent). Je veux en venir à vos résolutions pour 2010. Que vous soyez ou non de la partie, adeptes de promesses difficiles à tenir et autres objectifs remplis de bonne volonté, reste néanmoins que ça ne fait de tort à personne de chercher à s’améliorer en évoluant vers une version 2.0 de soi-même. Bien sûr, cette année encore vous tâcherez d’arrêter de fumer. Classique. Et pourquoi ne pas OSER pour 2010? Oser essayer, oser tenter, oser travailler. Oser tomber et oser se relever. Qui sait, peut-être pourriez-vous éventuellement oser réussir quelque chose de nouveau et découvrir un aspect du bonheur que vous ne soupçonniez pas, juste de l’autre côté du plan B, au tournant de “se contenter”.

Je vous laisse sur le seuil de 2010. Maintenant qu’il est possible de laisser un commentaire à la suite de ce blogue sans s’inscrire à quoi que ce soit, n’hésitez pas à me révéler quelles seront vos résolutions pour l’année à venir, ou tout autre commentaire quant à ce que j’ai pu dire sur le sujet.

Au plaisir.

Keep on Keepin on

MS