Tout vient à point

J’ai cette amie qui définit l’adolescence comme étant une attente constante et perpétuelle de…?

J’ajouterais que c’est la vie au grand complet qui est une attente.

L’attente de cet autobus qui n’arrive pourtant pas, du retour du courant du métro un lundi matin. Celle devant le micro-ondes à l’heure du dîner. Neuf mois d’attente pour certaines (et certains, soyons modernes, very very 2010). L’attente de ses foutus seins qui ne poussent jamais, que ces mollets s’arrondissent (deviennent des mollets, quoi! des jambes!). L’attente à 17h20 de ce courriel au travail qui n’arrive pas. De l’augmentation. De la retraite. L’attente de cet appel : du médecin, du fameux gars, de l’employeur, du mécanicien pour nous dire que finalement, le char est prêt. Six mois d’hiver à attendre que le temps se réchauffe, puis six mois d’été où on a hâte de respirer autre chose que l’humidité. Attendre l’idée du siècle ou de trouver le mot sur le bout de la langue, l’homme idéal ou celui qui conduit le camion de déménagement. Attendre des excuses.

Bien sûr, il faut être proactif et agir pendant ce temps. Mais reste que, c’est PENDANT l’attente. Tu comprends, lectorat? Au fait, je ne sais même pas si ce mot existe, “lectorat”, mais je l’utilise à outrance parce que je l’aime. Je n’ai pas attendu qu’il débarque à l’Académie française. Je l’aime, je l’aime, je l’aime, bon.

Je ne veux pas me plaindre. Je ne veux pas vraiment prendre position sur le sujet non plus, pour tout vous dire. D’ailleurs, à ceux qui croit qu’il s’agit ici d’un blogue mou, d’un ramassis d’écrits où la principale intéressée ne prend jamais position, je dis : oui. C’est volontaire. Au Qwerty, je tente de m’affirmer, mais sans trop pousser la note puisque ce que je veux, c’est provoquer la réflexion sans imposer mes idéaux, mes élucubrations. Enfin. Je voulais simplement clarifier les choses, que vous n’attendiez pas que j’aboutisse. Voilà.

L’attente. Une attente de six saisons pour les fanas de LOST dont plusieurs considèrent rester sur leur faim, ne pas avoirassez de réponses à se mettre sous la dent. Trop de questions pour n’en évoquer qu’une seule, se serait d’ailleurs trop injuste pour les autres. Vous l’avez écouté? Et vous avez compris quelque chose? Moi, j’ai juste pleuré tant j’ai trouvé ça beau. Je n’y peux rien, j’ai l’émotion très mobilisable.

Les sages (et mon père) disent à qui veut bien l’entendre : “Tout vient à point à qui sait attendre”. Eh bien à cela je réponds : évidemment. Mais ça ne s’appelle pas de la patience si ça nous est infligé, du temps qu’on nous enfonce dans la gorge et qu’on nous oblige à passer, le sablier du curseur Mac qui se retourne tout seul, impassible, et si, si patient. La patience se doit d’être volontaire. Un prisonnier est-il patient? L’alité aux soins intensifs? La fille qui attend son taxi?

Va pour la proactivité. Je veux bien, je vote pour. Now what?

Attention. Je ne suis pas victime de mon sort, loin de là. J’ai en horreur ces gens qui subissent leur destin, les yeux pleins d’eau, et qui trouvent leur existence nulle et sans saveur. Lève-toi et marche Lazare. Va chercher ta sauce indienne dans le frigo (mais oui, la rouge, vous savez de quoi je parle, salamalecs-quelque chose) et mets-en du piquant sur ton quotidien.

Parce que c’est moins pire attendre quand on fait quelque chose. Genre un sudoku à l’arrêt d’autobus. Un message texte en cherchant le taxi. Un blogue en attendant le courriel. Juste quelque chose. Genre vivre un peu.

Au plaisir.

Keep on Keepin on.

MS

Being at home with Gus, v2.0

Après Soeur Annette, c’est maintenant à…Josée Lavigueur que je dois poser les VRAIES questions. L’entrevue devait avoir lieu hier mais je n’étais pas disponible.

J.L. : “Hum, si on faisait ça mardi le 3 en début de soirée?”

MS : “Ah non, mardi c’est impossible, désolée. J’ai un cours de spinning!”

J.L. : “Ah ben c’est très bien ça! Félicitations! On remet ça à mercredi alors! Bon cours!”

Disons que reporter une entrevue avec Josée Lavigueur pour cause de spinning, c’est correct. Tout à l’heure, quand je vais l’appeler, je compte bien glisser un mot ou deux à notre Jillian Michaels du Québec au sujet de ma séance d’hier. C’est normal que ça tire ici? Et là? Il y a des standards pour la musique des cours de cardio? Parce que hier, c’était un vrai melting pot. Un peu d’american 80′s, un peu d’indien à tambourin, un peu de musique cubaine…de tout pour tous, quoi! Et puis j’ai l’impression que l’échauffement initial m’a franchement crevé, puisque je n’ai pas été capable de suivre la cadence de Gonzo comme les dernières fois. “UP! DOWN! UP! DOWN! SPIN! SPIN! UP! DOWN! Et quand on commence à s’y faire….RÉSISTANCE!!!! En plus j’avais la nausée, peut-être due au burger de bison consommé à l’heure du lunch avec copain, et les abdos au sol étaient d’un masochisme digne de la Bête elle-même. Enfin. Josée pourra me dire les vraies affaires. Peut-être qu’elle me proposera un entraînement personnalisé? Peut-être que je serai son assistante! Peut-être est-ce le début d’une vocation insoupçonnée?! Qui sait… Je vous en reparlerai si elle ne m’emmène pas en tournée cardio québécoise dès la fin de l’entrevue. “Pour inspirer les gens MS, on va jogger jusqu’à Mascouche! Prévois des sous-vêtements de rechange, je te rejoins dans 10!”

Bref, hier, après avoir dompté le vélocipède, copain et moi avions rendez-vous chez moi devant la première de la dernière saison de Lost. L’avez-vous écouté? Avez-vous compris quelque chose? Pour moi, on pourrait brasser les épisodes des six dernières années comme un vieux paquet de carte, tout redistribuer aléatoirement, et j’y trouverais probablement plus de sens. Tout le monde meurt mais pas vraiment, certains parlent aux morts, certains voient des morts, certains se transforment en fumée, et hop! un p’tit tour d’avion pour le plaisir, tout ça autour d’un pied coupé qui ne veut RIEN DIRE. RIEN DIRE, OKAY? Pendant que copain montait le son, moi j’apprenais des trucs à Gus, lapin nain de service, en le récompensant de pop corn au beurre.

J’en profite d’ailleurs pour clarifier certains mythes longtemps véhiculés sur les lapins nains à tête de lion. Malgré qu’elles soient mignonnes à en décaper les murs, ces petites bêtes sont égoïstes, paresseuses et pas du tout serviable. On s’entend, j’essaye néanmoins de comprendre la série et je ne peux donc pas aller chercher mon repas congelé qui calcine lentement dans le micro-ondes. Je demande GENTIMENT à Gus d’aller chercher le plat, mais non, Monsieur est trop occupé à se faire les griffes sur mon tapis. Qui plus est. Les lapins nains ne sont pas attentionnés et ne feront pas le lit en cachette pour vous faire un petit velours, ni ne plieront les vêtements étendus une fois qu’ils seront secs. Gus est un peu comme Chuck Norris : il ne parle pas, il domine le silence, que ce soit en français, en anglais, en espéranto. Le lapin nain ne débarre pas la porte lorsque vous oubliez vos clés parce qu’ils sont vils et mesquins et ne vous aiment que pour votre capacité à sortir des vivres du frigo et à les déposer dans leur petit bol de porcelaine. S’il osait communiquer, le lapin nain hurlerait un truc du genre : “Femme, ma bière!”. Enfin.

Résultat de la soirée : je n’ai plus envie de prendre l’avion, je constate que les six dernières années de ma vie sont en fait un giga McGuffin*, copain est repu et Gus est gras et sans doute carié. En plus, j’ai un peu la nausée.

Satané burger de bison.

Au plaisir.

Keep on Keepin on

MS

*Un McGuffin, c’est un truc inventé par Alfred Hitchcock. C’est une genre de fausse piste, un élément important, voir primordial, pour un personnage, mais dont l’utilité n’est jamais révélée au spectateur. Du genre la boîte à la fin de Seven, la malette dans Pulp Fiction, l’argent dans Psycho.