Mardi soir. Normalement, c’est au cinéma que ça se passe. Cette fois-ci, l’horaire laisse à désirer. Rien de nouveau. Rien de bon. Rien ne passe à la bonne heure et de toute façon, personne ne peut. L’ennui s’installe. C’est un mardi soir pas comme les autres. En plus, il n’y a même pas de hockey! Le comble.
C’est un élément déclencheur de la fatidique page blanche. Toute la journée, j’ai essayé d’écrire cette scène, ce pivot scénaristique qui me chicote depuis des mois. Je ne vous l’avais pas dit? Je suis aspirante scénariste, et je pioche sur mon tout premier long métrage. Cette scène, c’est une scène difficile. Une scène triste et pénible, quelque chose que je n’ai jamais vécu, et que je dois pondre pour créer un scénario digne de ce nom. Et puis bon, je me suis peut-être un peu imposé ce syndrome de la page blanche comme excuse pour ne pas affronter l’inconnu. “Ah vous savez, ce n’est pas de trouver des idées qui est difficile. C’est d’en trouver des bonnes!” Qu’importe, le scénario stagne, je suis méconnue et j’ai le ventre creux. Voilà où me mènent mes excuses.
Et maintenant il est plus de 20h. Je cherchais une excuse au cinéma mais rien de valable pour soutenir ma procrastination. Comment on fait pour affronter ses peurs? Je ne parle pas que de page blanche. J’ai aussi une véritable phobie des araignées et de me sentir “seule au monde”. Vous vous souvenez, quand vous étiez petit, ce qui justifiait le grand cri “PERSONNE M’AIME” (or was it just me?). Eh bien, ce sentiment là, de solitude totale. Bref, une de mes peurs. Comment on fait pour s’en remettre? Affronter ses peurs, c’est facile à dire, et je n’irai pas pour autant me faire amie avec une tarantule sur une île déserte pour ce faire. J’en frissone déja d’ailleurs. Parce qu’il y a probablement beaucoup plus derrière cette page blanche, cette scène. Peut-être que d’écrire ce moment que je n’ai pas vécu, me fait craindre justement, de le vivre. Vous me suivez?
Bon. Je me lance. Pour contrer la page blanche, je consulte son opposé diamétral : le dictionnaire. Voici donc, chers lecteurs, le mot du jour, choisi au hasard, qui débloquera tous les maux d’écrivains. Et hop : “pagnoter (se)”. Ça signifie “manquer de courage”. Tiens donc.
Au plaisir.
Keep on Keepin on
MS