Après Soeur Annette, c’est maintenant à…Josée Lavigueur que je dois poser les VRAIES questions. L’entrevue devait avoir lieu hier mais je n’étais pas disponible.
J.L. : “Hum, si on faisait ça mardi le 3 en début de soirée?”
MS : “Ah non, mardi c’est impossible, désolée. J’ai un cours de spinning!”
J.L. : “Ah ben c’est très bien ça! Félicitations! On remet ça à mercredi alors! Bon cours!”
Disons que reporter une entrevue avec Josée Lavigueur pour cause de spinning, c’est correct. Tout à l’heure, quand je vais l’appeler, je compte bien glisser un mot ou deux à notre Jillian Michaels du Québec au sujet de ma séance d’hier. C’est normal que ça tire ici? Et là? Il y a des standards pour la musique des cours de cardio? Parce que hier, c’était un vrai melting pot. Un peu d’american 80′s, un peu d’indien à tambourin, un peu de musique cubaine…de tout pour tous, quoi! Et puis j’ai l’impression que l’échauffement initial m’a franchement crevé, puisque je n’ai pas été capable de suivre la cadence de Gonzo comme les dernières fois. “UP! DOWN! UP! DOWN! SPIN! SPIN! UP! DOWN! Et quand on commence à s’y faire….RÉSISTANCE!!!! En plus j’avais la nausée, peut-être due au burger de bison consommé à l’heure du lunch avec copain, et les abdos au sol étaient d’un masochisme digne de la Bête elle-même. Enfin. Josée pourra me dire les vraies affaires. Peut-être qu’elle me proposera un entraînement personnalisé? Peut-être que je serai son assistante! Peut-être est-ce le début d’une vocation insoupçonnée?! Qui sait… Je vous en reparlerai si elle ne m’emmène pas en tournée cardio québécoise dès la fin de l’entrevue. “Pour inspirer les gens MS, on va jogger jusqu’à Mascouche! Prévois des sous-vêtements de rechange, je te rejoins dans 10!”
Bref, hier, après avoir dompté le vélocipède, copain et moi avions rendez-vous chez moi devant la première de la dernière saison de Lost. L’avez-vous écouté? Avez-vous compris quelque chose? Pour moi, on pourrait brasser les épisodes des six dernières années comme un vieux paquet de carte, tout redistribuer aléatoirement, et j’y trouverais probablement plus de sens. Tout le monde meurt mais pas vraiment, certains parlent aux morts, certains voient des morts, certains se transforment en fumée, et hop! un p’tit tour d’avion pour le plaisir, tout ça autour d’un pied coupé qui ne veut RIEN DIRE. RIEN DIRE, OKAY? Pendant que copain montait le son, moi j’apprenais des trucs à Gus, lapin nain de service, en le récompensant de pop corn au beurre.
J’en profite d’ailleurs pour clarifier certains mythes longtemps véhiculés sur les lapins nains à tête de lion. Malgré qu’elles soient mignonnes à en décaper les murs, ces petites bêtes sont égoïstes, paresseuses et pas du tout serviable. On s’entend, j’essaye néanmoins de comprendre la série et je ne peux donc pas aller chercher mon repas congelé qui calcine lentement dans le micro-ondes. Je demande GENTIMENT à Gus d’aller chercher le plat, mais non, Monsieur est trop occupé à se faire les griffes sur mon tapis. Qui plus est. Les lapins nains ne sont pas attentionnés et ne feront pas le lit en cachette pour vous faire un petit velours, ni ne plieront les vêtements étendus une fois qu’ils seront secs. Gus est un peu comme Chuck Norris : il ne parle pas, il domine le silence, que ce soit en français, en anglais, en espéranto. Le lapin nain ne débarre pas la porte lorsque vous oubliez vos clés parce qu’ils sont vils et mesquins et ne vous aiment que pour votre capacité à sortir des vivres du frigo et à les déposer dans leur petit bol de porcelaine. S’il osait communiquer, le lapin nain hurlerait un truc du genre : “Femme, ma bière!”. Enfin.
Résultat de la soirée : je n’ai plus envie de prendre l’avion, je constate que les six dernières années de ma vie sont en fait un giga McGuffin*, copain est repu et Gus est gras et sans doute carié. En plus, j’ai un peu la nausée.
Satané burger de bison.
Au plaisir.
Keep on Keepin on
MS
*Un McGuffin, c’est un truc inventé par Alfred Hitchcock. C’est une genre de fausse piste, un élément important, voir primordial, pour un personnage, mais dont l’utilité n’est jamais révélée au spectateur. Du genre la boîte à la fin de Seven, la malette dans Pulp Fiction, l’argent dans Psycho.

