Trapèze, je te tiens!

Je ne le cache pas, en fait, je répands la nouvelle. 2010 est l’année où j’ose puisque 2010, c’est l’année où j’accomplirai.

Vous vous souvenez de ces résolutions? Bon. Ça tient toujours. Je ne vous tiens pas au courant de la pesée puisque bon, c’est personnel, mais je peux vous révéler mon dernier accomplissement.

Samedi dernier. Un samedi TOUT sauf comme les autres. Je me réveille dans les bras de mon amoureux, la journée s’annonce belle. Il m’aime, je l’aime, nous nous aimons. À 10h30 par contre, c’est assez. La journée s’entame pour vrai. Je quitte d’un bon pied et me dirige dans le grand Outremont où je rejoins tante, oncle et cousins. Il y a de l’électricité dans l’air pendant que nous sapons notre soupe aux tomates. Nous échangeons quelques anecdotes et hauts faits de nos semaines respectives pour ne pas aborder le sujet qui nous chicote, qui nous fait gigoter la jambe sous la table, qui nous fait saper notre soupe, quoi!

Une fois la vaisselle faite et le pipi nerveux réglé, on s’entasse dans la voiture. Arg. Je fais ma dure parce que les cousins, ils ont 15 et 9 ans, alors je suis BEN MIEUX d’être über cool si je ne veux pas perdre leur respect. Et puis en plus, c’est pas si pire. Je veux dire, je suis une (genre) adulte maintenant, non? Puis les adultes, ils n’ont pas peur de ce genre de truc. Les trucs du genre…

…trapèze.

TRAPÈZE VOILÀ JE L’AI DIT. Oui oui, la discipline fétiche de ROBIN, fidèle comparse de Batman. Vous ne vous souvenez pas? Bon. Ce n’est pas grave. Croyez-moi sur parole alors, ou louez Batman and Robin (1997), mettant en vedette Alicia Silverstone après Clueless et Arnold Schwarzenegger avant la Californie. Bref.

Du trapèze, dis-je. Ça y est, je me lance. Non pas, encore en fait. Il faut un minimum de cours et une ceinture. Et grimper une échelle d’environ 3 kilomètres de haut qui aboutit à un podium d’environ 2pouces de large où une svelte acrobate tout sourire me dit que c’est cool, que c’est ma première fois, et bla et bla. “Pardon Mademoiselle, j’entends pas…Je suis tellement stressée je pense que j’ai un caillot de sang dans l’oreille… Quoi?”

HEP!

(En langage de trapéziste aguerri, HEP signifie en fait SAUTE, ou GO, ou VAS-Y.)

Bon. Là, je sens que la soupe aux tomates est pas tellement d’accord. Je sens le vertige que je tentais de réprimer se matérialiser à mes côtés tant il est plus fort que moi et me dire : “J’te l’avais dit!”. C’est drôle, il ressemble un peu à Tom Hanks dans Forrest Gump. Étrange. Je ne savais pas que Tom parlait français. Mes mains sont tellement moites que la poudre que la pimpante trapéziste m’a foutu dans les paumes est assez épaisse pour en paner du poulet. Mes cousins me regardent. Baswell, j’avais oublié qu’il fallait que je sois cool, que je donne l’exemple. Alors ça y est, je me lance. Au revoir Tom. Je t’aime.

Si je peux résumer mon expérience, ça ressemble à ceci :

WAAAAAAAAAAAAAA(lève les pieds)AAAAAAAAAAAAAAAAA(accroche tes genoux derrière la barre)AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA(lâche la barre)AAAAAAAAAAAAAAAAAAA(regarde loin en arrière)AAAAAAAAAAAAAAAAAAAA(pogne la barre avec les mains)AAAAAAAAAAAAAAAAA-respire-AAAAAAAAAAAAAA(enlève tes jambes)AAAAAAAAAAAAAA(trois p’tits coups, double saut arrière)AAAAAAAAA….

…filet.

Étonnant mais vrai, la soupe aux tomates a tenu le coup. Ma version vertigineuse et française de Tom Hanks n’est plus sur le podium. Par contre, au sol les cousins applaudissent. Ouf! L’honneur est sauvé!

Au bout de deux heures de cours en famille, je parviens même à l’étape du CATCH par un autre trapéziste, i.e. passer de la barre aux mains d’un autre acrobate, genre de kouros aux cheveux longs qui a sauvé une cité des mains de l’envahisseur dans une autre existence.

Tout ceci n’aurait jamais été possible sans que ma tante ne m’ait offert l’expérience. D’ailleurs Caro, si tu me lis : mon corps en douleur te remercie encore mille fois!! Décompte du nombre d’abdominaux de MS : 3!! En fait tout ceci n’aurait jamais été possible si je n’avais pas accepté d’y participer malgré ma phobie des hauteurs. J’ai vécu une des plus incroyables expériences de ma vie parce que j’ai osé. Non, je ne suis pas une héroïne, pas une inspiration, pas un exemple à suivre. Je mange du take-out devant la télé, j’écoute Jersey Shore sur le web et je donne du jambon à mon lapin. Je suis plutôt du type rangée, tranquille, organisée et responsable. Et samedi dernier, pendant un premier 20 secondes, j’ai mis la raison de côté et j’ai plongé dans le vide, la peur dans le coeur, la soupe aux tomates dans la gorge et le regard de Tom Hanks posé sur moi. J’ai été cette fille-là pendant 20 secondes (en fait, l’adrénaline a duré toute la journée), puis je suis retournée dans le confort de mes cases horaires préétablies. Dé-bi-le.

Toute une expérience! Une expérience rendue possible par ma tante. Par Trapézium qui offre des séances de trapèze au grand public. Dans un immeuble qui ne s’écroulera probablement jamais, ni à coup de bombes, ni par tremblement de terre. Une expérience rendue possible pour moi qui puis ensuite en parler assise confortablement au chaud devant mon ordinateur dernier cri, dans mon bureau du bon côté de la planète, sur une plaque tectonique passive qui ne fait pas éclater de volcan, déferler de tsunamis ou trembler la terre. Je profite de cette expérience pour faire le point sur les possibilités qui s’offrent à moi, mais aussi sur celles qui ne sont plus que poussières pour d’autres, dans le cas échéant le peuple haïtien. Je ne peux retrouver les disparus ni m’occuper des blessés. Je peux néanmoins applaudir ceux sur place qui fournissent les efforts nécessaires et qui s’évertuent à semer l’espoir après le chaos. Parce que oui, il y a de l’espoir. Oser, ce n’est pas que sauter les yeux fermés sur le vide. Oser, c’est aussi croire les yeux ouverts sur le malheur.

Au plaisir.

Keep on Keepin on

MS

Lyuba and the idiots rise

Vous l’avez compris, je suis une tronche. Une escapade au dépanneur, en librairie ou au supermarché me coûte une fortune en magazines : autant du côté du potin (je l’aime Lindsay Lohan, bon) que du National Geographic. Justement, je me suis procurée le dernier, mais de France. Sur la couverture, Lyuba, un bébé mammouth âgé de 40 000 ans.

40 000 ans et presque toutes ses dents.

40 000 ans et presque toutes ses dents.

Je n’ai pas trouvé l’article sur le net, mais je vous fourni une page où on fait tout de même mention de la petite Lyuba.

http://www.astronoo.com/articles/traceDeVie.html

Lyuba est morte noyée dans la vase. Oui c’est terrible, c’est terrible, mais on s’en remet. Elle a ensuite macéré dans le pergélisol, ce qui lui a permis d’être découverte dans un état quasi complet. C’est fascinant, non? Oui, c’est fascinant.

Bon, la nouvelle n’a pas été particulièrement joyeuse pour tout le monde. Que non. Tout le monde sait que “quiconque trouve un mammouth est voué à une mort précoce”. Du moins, chez les Nénètses, peuple sibérien. Alors quand le dénommé Yuri Khudi, gardien de rennes (ben oui, en Sibérie, c’est un travail) l’a trouvé comme ça, dans la neige, il s’est empressé (et je cite) : “d’apaiser les puissances infernales en leur offrant un bébé renne et de la vodka”.

Il avait de quoi avoir peur le Yuri. Selon l’article du National Geographic, ces ancêtres de l’éléphant devraient en grande partie (si ce n’est pas uniquement) leur extinction à la chasse faite par l’homme. Eh oui, à l’époque, il y a déjà des millénaires et des millénaires, l’homme jouait déjà avec l’écosystème.

Je concède. L’évolution, c’est du give and take. Certaines races perdurent alors que d’autres déclinent. C’est normal. Parlez-en aux dinosaures. Ce qui est dommage, c’est que la race humaine est probablement celle qui s’en fout le plus. On dirait presque que c’est dans nos gènes si on fait référence à l’article. L’être humain se dit au sommet du règne animal parce qu’il est un des seuls êtres vivants à connaître le sentiment de satiété, le rire, et la réflexion. La réflexion? La pensée. Vous trouvez que l’humain, il réfléchit beaucoup? Je suis certaine que même le lemming qui se suicide par noyade* pourrait mieux justifier la chose qu’un humain pourrait expliquer le pourquoi de la pollution.

En lien avec cette idée et toujours dans la même escapade au dépanneur, je me suis aussi procurée la dernière édition de la revue EMPIRE, une revue cinématographique dont le dernier numéro avait comme éditeur invité, nul autre que Steven Spielberg. Quelques pages étaient consacrées à une entrevue avec Tom Hanks (mon acteur préféré, si vous voulez tout savoir). Le journaliste passait en revue les grands rôles de l’interprète de Big, notamment Forrest Gump.

My name's Forrest. Forrest Gump.

My name's Forrest. Forrest Gump.

Tantôt critiqué, tantôt encensé, ce rôle se résume toutefois d’une seule façon selon l’acteur. “Idiots rise”, dit-il. Pour appuyer ses dires, il demande au lecteur de tout simplement constater qui sont les gens au pouvoir, ceux qui nous contrôlent. J’imagine qu’il faisait référence au précédesseur d’Obama, mais à plus petite échelle, les exemples ne manquent pas non plus. Je pense à cette prof de français qu’a eue mon frère au secondaire. Une sympathique dame qui ajoutait des fautes aux dictées à défaut de les corriger. Je crois que la liste des ingrédients sur la boîte de céréale forme mieux la jeunesse que les compétences de cette enseignante. Et pourtant. L’enseignante est mieux rémunérée que la boîte.

Idiots rise…depuis un bon bout de temps. L’homme continue de détruire son milieu, de le façonner à sa guise, troquant verdure contre béton. Ce n’est qu’après près de millions d’années que les premiers balbutiements de conscience écologique commencent à poindre.

L’homme a probablement détruit le mammouth. Maintenant, c’est après la couche d’ozone qu’il en a. Et l’eau aussi. Et l’air. Je vous épargne aussi le sort des pandas et je ne m’avance même pas un peu sur la pente glissante du styromousse!

Enfin. Lyuba est morte et ce n’est pas de notre faute. Ce n’était pas la faute du chasseur préhistorique non plus, à moins qu’il l’ait poussée dans ce trou de vase, mais je doute. L’important c’est qu’il faut continuer de déterrer le passé pour apprendre de nos erreurs, et cesser de confier l’avenir à des idiots.

Au plaisir.

Keep on Keepin on

MS

*C’est un mythe, mais c’est quand même intéressant à raconter comme anecdote.

De Gustibus Et Coloribus Non Disputandum

Je me plie finalement au phénomène Anges et Démons, bientôt en salle, mettant en vedette un de mes acteurs préférés, Tom Hanks. J’entame la brique, édition illustrée, et après trois heures de lecture sous le soleil, j’ai le côté du visage très rouge, je peine à ajuster les couleurs, et j’ai lu 100 pages.

Ce dont il est question, c’est le dilemne entre religion et science. Bon d’accord, je suis bien la dernière à être au courant mais que voulez-vous, j’ai tenté tant bien que mal de résister à la commotion qu’a engendré le film.

Religion et science, deux concepts dans lesquels plusieurs se plongent pour trouver le réconfort, pour trouver des réponses. Mon grand-père me disait souvent : “De gustibus et coloribus non disputandum”. Pour ceux qui n’ont pas encore perdu leur latin, ça signifie “Les goûts et les couleurs ne se discutent pas”. C’est un peu le cas pour ce qui est de la science et de la religion.

Dans le documentaire Religulous mettant en “vedette” Bill Maher, il cherche à ébranler les piliers des religions en creusant leurs failles et en éclairant leurs zones grises.

De gustibus et coloribus non disputandum.

Certains croient qu’aux limites de la science c’est Dieu qui prend le relais. D’autres avancent des explications scientifiques à Dieu, comme dans Anges et Démons où on trouve la justification scientifique de la Genêse (théorie incontestée jusqu’à la page 100 du moins).

Mais bon, je disais : de gustibus et coloribus non disputandum.

Les gens devraient avoir le droit de trouver réconfort en ce qu’ils veulent. Si je prie, je prie. Si j’ai besoin de faits béton, alors je cherche ces faits bétons. Si ce qui me permet de relaxer et de faire le point, c’est une cigarette, go for it. Écrire, appeler un ami, gravir une montagne, etc, pourquoi pas. Mon père n’aime pas qu’on remette en question ses valeurs religieuses. Pourquoi le ferait-on? Je n’aime pas qu’on suppose que Red Hot Chili Peppers ne soit pas le meilleur band du monde. Pourquoi (diantre!?) le ferait-on?

Le hic, c’est quand ta religion tue des gens à grands coups d’avions, des gens qui ne ressusciteront pas. C’est quand de tes faits bétons nait la bombe atomique. C’est quand ta cigarette devient mon cancer. Quand ton écriture m’insulte, que ton ami me dénigre et qu’on ne voit même plus ta montagne derrière le nuage de smog. Enfin.

C’est difficile de discuter parfois. Mais j’ai une idée. Si on écoutait pour faire changement? Je ne suis pas la première à le dire, mais je vais tâcher d’être une des premières à le faire. Croix de bois, croix de fer, si je mens…

Au plaisir.

Keep on Keepin on

MS