GRAND V

Non. Je ne fais pas allusion au poste télévisé, pour moi le 5 depuis des années, berceau québécois de la téléréalité douteuse et de Call TV. Je fais référence au grand V de la vitesse. Il y a quelques semaines à peine j’écrivais sur le sujet. Pour vous rafraîchir la mémoire, voici :

http://msbe.wordpress.com/2010/04/26/vite-vite/

Aujourd’hui par contre, je vous demande d’un ton simple et sincère, un peu fluet, une voix d’enfant, quoi! : et puis d’abord, comment on sait si on va “trop vite”? C’est quoi “trop”? Non, même avant ça : c’est quoi “vite”?

Ça se définit par la conséquence? Du genre, on s’aperçoit qu’on est peut-être allé trop vite du moment qu’on dérape, que le paysage s’homogénise, que le pouls nous monte aux tempes, que le vent scille au pavillon?

Et si le trop plein de vive allure se définissait autrement? Pourquoi ce ne serait pas moins péjoratif et conséquemment malheureux d’aller moins lentement? Passer par toutes les étapes s’avère-t-il toujours nécessaire? Et si ce coup-ci, on n’a pas envie de le réclamer le 200$ au passage du Go? Une prochaine fois, tiens! Soyons fou!

La vie, elle ne nous attend jamais. La vie, c’est comme un tapis roulant de gymnase qui ne s’arrête jamais. Qui ne ralentit jamais. Si tu t’arrêtes, tu tombes et tu te fais vraiment, vraiment mal, parce que le mur n’est jamais bien loin derrière. Et puis du moment qu’on se remet sur pied, il faut s’investir deux fois plus fort pour reprendre le rythme. Je ne vais plus au gym, d’ailleurs. Je ne sais pas si ça a un lien.

Bref, j’ai l’impression que quelqu’un a joué avec la vitesse de mon tapis roulant. Plusieurs choses se passent (me dépassent?) et rien ne s’arrête. Moi non plus. Je continue, je continue, je continue. Une chance que j’ai un bon cardio. Et vous.

Au plaisir.

Keep on Keepin on

MS

Nature morte

L’automne c’est la saison de la mort. Autant que le printemps c’est le renouveau et les jupes courtes, l’été c’est le party et l’hiver, c’est rigoureux et sans merci, l’automne c’est la saison qui fait pitié.

Toutes les campagnes publicitaires tentent de nous faire croire le contraire :

“Yay! Le retour en classe!”

“Chouette! Une nouvelle saison à V (néo-mouton noir)!”

“Des soldes! Des soldes! Des soldes! Everything’s gotta go!!

Alors que tout le monde sait que le froid s’en vient, la bouette et les feuilles mortes aussi. Adieu journées dans le parc, terrasses et mèches blondes naturelles…

Plusieurs ont compris comment tirer profit de ce spleen qui nous envahit petit à petit.

LES ORGANISMES DE CHARITÉ.

Qui dit la mort de l’automne dit Sida, cancer, plus pauvres que pauvres, Croix Rouge et/ou Bleue, Médecins sans frontières et Bon Dieu dans la rue. Peut-être aussi que c’est pour nous remonter leCROIX ROUGEmoral et nous faire comprendre qu’au fond, ça pourrait être pire et que nous, on est assez en santé pour donner de l’argent. C’est gentil, merci.

Et ils vous approchent, toujours jeunes et fringants au coin des rues. Des meutes de quatre, cinq. Uniformes en gaminets. De grands yeux pétillants où la propagande “TOUT LE MONDE PEUT DONNER” fusille tout le monde.

Non. Tout le monde peut pas donner, juste parce que tout le monde peut pas donner à tout. Et puis comment on fait pour choisir UNE cause? Pourquoi le cancer plutôt que le Sida? Pourquoi les itinérants plutôt que les Biafrais? Pourquoi ce serait moins pire de souffrir d’une façon que d’une autre? La vie est remplie d’injustices et la charité en est une autre.

Alors oui, tout le monde peut donner jusqu’à un certain point. Mais ce n’est pas tout le monde qui puisse recevoir puisqu’il est impossible de soutenir toutes les causes, du moins financièrement.

L’automne fait pitié et ça nous déteint dessus. Ces rapaces des bonnes causes en croisade pour la BIAFRAIS.veuve et l’orphelin le SAVENT et tentent de nous soutirer un peu de notre pécule lorsque nous nous trouvons à notre plus bas.

-”Vous donnez comme vous voulez. Mais pas moins que 10$ par mois pendant un an.”

-”Oui mais Éric/Karine/nom de votre choix qui sonne ben ben généreux, j’ai de la misère à payer mon loyer, je travaille comme une folle pour avoir de quoi dans mon frigo et je porte les mêmes vêtements depuis le secondaire. Je ne pense vraiment pas pouvoir me permettre de donner.”

-”MS (T’as un beau nom en passant!), TOUT LE MONDE PEUT DONNER.”

Et là, je me sens comme une avare égoïste, je-m’en-foutiste sociale aux valeurs chrétiennes stériles parce que c’est pire ailleurs et que moi je trouve le moyen de me plaindre la bouche pleine. Je suis déjà en train de m’étioler à la simple pensée des cadavres de nature qui vont bientôt parsemer mon balcon, et on cherche à tous les coins de rues à me soutirer ce que je ne peux même pas économiser en me faisant sentir COUPABLE.

L’automne, ce n’est pas la saison de la charité, c’est celle de la CULPABILITÉ. Je me sens coupable de ne pas donner, et en plus, je suis véritablement coupable de ne pas le faire! Campagne de sensibilisation mon oeil. Campagne de culpabilisation, plutôt.

Solution? “Si je ne peux pas donner à un, je ne donnerai pas à l’autre.” Alors je ne donne pas, pour ne pas faire d’injustice. Ou alors pour faire une injustice égale. Une juste injustice.SIDA.

Je résume. Non, tout le monde ne peut pas se permettre de donner. Ce n’est pas par manque de conscience, c’est par manque de fonds. 10% de la population mondiale possède 90% de l’argent de tout l’univers. Et c’est MOI qu’on approche. MOI qui se sens coupable. MOI qui subis le guilt trip de la misère mondiale devant laquelle je suis impuissante sur tous les plans. Ça, c’est pas juste. Qu’on me parraine!

Enfin. L’automne arrive. L’été est mort. Vive l’été! Au moins, il y a la rentrée scolaire, les soldes, et la nouvelle programmation de V pour “combattre le spleen”, hein Stefie?

Au plaisir.

Keep On Keepin On

MS